En attendant la 5G : la 4.5G ?


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Nous avons évoqué, dans des posts précédents, les questions que se posent les opérateurs pour résoudre certaines problématiques de capacité et de qualité liées à l’Internet des Objets, aux véhicules connectés ou tout simplement à la transmission d’images et de vidéos sur les réseaux mobiles.

Lors du Mobile World Congress, qui s’est déroulé en février à Barcelone, toute l’animation a été tournée vers l’arrivée attendue du standard 5G et les grands opérateurs se battaient à coup de communiqués de presse en attendant 2020, année probable de la mise à disposition du grand public de ce nouveau standard : AT&T annonçait sa collaboration dans la future 5G avec Ericsson et Intel* ; Verizon** annonçait un forum technologique collaboratif avec Alcatel-Lucent, Cisco, Ericsson, Nokia, Qualcomm et Samsung ; les opérateurs Coréens (KT) et Japonais NTT DoCoMo confirmaient leur intention de lancer commercialement la 5G lors des jeux olympiques de 2018 et 2020 ; etc.

Pendant ce temps et de façon presqu’inaperçue, le Chinois Huawei*** annonçait l’arrivée concrète d’une 4.5G pour 2016, tout en maintenant ses annonces plus lointaines relatives à la 5G ! En annonçant aujourd’hui une solution intermédiaire à la 5G, Huawei se distingue ainsi de ses concurrents en proposant à ses clients une migration vers la 5G plus progressive.

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De façon empirique, rappelons que la naissance de la 3G puis de la 4G, ont été précédées de la 2.5G et de la 3.5G ! Chacune de ces générations ayant nécessité l’installation de nouveaux équipements (hardware et software) pour les opérateurs, donc des coûts importants. Qu’est-ce donc que cette 4.5G ?

Bien qu’il soit difficile d’obtenir des informations précises sans être client de l’équipementier, il semble que l’approche de la 4.5G de Huawei consiste à utiliser les technologies évolutives éprouvées du standard 4G advanced (LTE-M, LTE-U) pour en faire un chemin d’évolution vers le standard 5G. Il n’y aurait pas de rupture technologique avec l’existant, mais une évolution à moindre frais, puisque ne nécessitant pas de remplacement des équipements hardware. Seuls des équipements software évolutifs seraient déployés sur les mêmes réseaux opérateurs, avec en parallèle un déploiement d’outils de tests compatibles.

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Ce faisant, Huawei pose les bases d’un nouveau modèle économique pour les équipementiers, celui d’éditeur logiciel : plus question de vendre aux opérateurs des nouveaux équipements spécifiques à chaque changement de génération mobile. Nul doute que toute l’industrie telecom va s’engager sur la même voie, et progressivement migrer vers le cloud et ses plateformes hardware génériques (voir les concepts de Software Defined Network, Cloud-Radio Access Network, Network Function Virtualization), pour se concentrer sur les logiciels et leurs mises à jour. Les outils de tests et de validation des infrastructures vont bien entendu suivre le même chemin.

Les acteurs qui ont anticipé cette évolution auront un avantage concurrentiel majeur, car les économies attendues par les opérateurs sont conséquentes (entre 30 et 50% sur le CAPEX et l’OPEX).

* http://about.att.com/story/unveils_5g_roadmap_including_trials.html

** http://www.wirelessweek.com/news/2015/09/verizon-begin-5g-field-trials-2016

*** http://www.silicon.fr/mwc-2016-la-5g-en-ordre-disperse-a-barcelone-139634.html