Critères communs

L’ANSSI (Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information) définit plusieurs niveaux de sécurisation des matériels concourant à la sécurité des réseaux informatique et de la mobilité*:

  • la qualification élémentaire, basée sur une évaluation CSPN (Certification Sécuritaire de Premier Niveau) ;
  • la qualification standard, basée sur une évaluation Critères Communs EAL 3+ ;
  • la qualification renforcée, basée sur une évaluation Critère Communs EAL4+.

Les critères communs sont un ensemble de normes (ISO 15408), nées d’un partenariat entre le Canada, les Etats-Unis et l’Europe mais internationalement reconnu, dont l’objectif est d’évaluer de façon impartiale la sécurité des systèmes et des logiciels informatiques. Grâce au cadre offert, les utilisateurs de technologies de l’information peuvent utiliser des profils de protection pour spécifier les exigences fonctionnelles de sécurité attendues et les évaluateurs peuvent vérifier que les produits sont bien conformes au niveau d’assurance requis**. En théorie donc, l’évaluation d’un produit dans n’importe lequel des 26 pays reconnaissant l’accord critères communs devrait suivre la même procédure et les mêmes exigences.

La certification critères communs est délivrée par un CESTI (centre d’évaluation de la sécurité des technologies de l’information), agréé par l’ANSSI, comme par exemple Oppida ou Serma Technologies en France. La certification critères communs est délivrée par un CESTI (centre d’évaluation de la sécurité des technologies de l’information), agréé par l’ANSSI, comme par exemple Oppida ou Serma Technologies en France. Un CESTI doit être indépendant de façon à garantir l’objectivité et la confidentialité des travaux.Les organismes nationaux comme l’ANSSI sont chargés de vérifier l’éthique des CESTI.

En se rapprochant de l’ANSSI, en France, un éditeur va pouvoir définir le niveau de certification envisageable pour son produit, puis s’adresser à un CESTI pour le faire évaluer. Le processus d’évaluation est coûteux (environ 100.000 euros pour un EAL3+), long (environ 12 mois), nécessite une rédaction complexe et lourde sur la cible de sécurité, et oblige l’éditeur à mettre en face des experts du CESTI un collaborateur de haut niveau scientifique ou mathématique. Cette démarche d’évaluation n’est valable que pour une version d’un produit donné, ce qui est un handicap pour les petites entreprises ou les start-up.

Chaque pays peut définir ses propres règles de diffusion de l’information au niveau gouvernemental. En France, on parle de qualification « diffusion restreinte » ou de qualification « secret défense » (SD). La qualification « diffusion restreinte » était jusqu’à présent dédiée aux membres du gouvernement mais, depuis la dernière LPM**, les OIV*** sont poussés à utiliser des mobiles de  niveau de « diffusion restreinte », pour bénéficier de l’assurance définie par  les critères communs (EAL5+ pour les cartes à puces et EAL4+ pour les « applets »). Pour avoir un agrément diffusion restreinte européen, un éditeur est obligé de faire valider son produit dans deux pays européens au moins.

Le site commoncriteriaportal.org maintient à jour la liste des produits certifiés ISO15408. Le site de l’ANSSI maintient à jour la liste des produits qualifiés.

 

* http://www.ssi.gouv.fr/entreprise/qualifications/qualification-de-produit

** https://fr.wikipedia.org/wiki/Crit%C3%A8res_communs

**LPM : Loi de Programmation Militaire

**OIV : Opérateur d’Importance Vitale